Parfois, le calendrier professionnel s’arrête avant la date prévue. La préretraite, loin d’être une lubie réservée à quelques initiés, prend de plus en plus d’ampleur chez celles et ceux qui veulent lever le pied avant l’heure officielle. Ce système donne la possibilité de quitter le bureau sans attendre l’âge légal de départ, tout en continuant à toucher une allocation. D’abord pensée pour accompagner les vagues de restructuration au sein des entreprises, elle devient aussi un choix réfléchi pour celles et ceux qui souhaitent tourner la page en douceur, loin du stress du quotidien professionnel.
Qu’est-ce que la préretraite ?
La préretraite marque une étape charnière entre la routine de l’emploi et la liberté de la retraite. Elle diffère de la retraite anticipée ou de la retraite progressive : ici, on arrête totalement de travailler, mais on ne se retrouve pas sans ressources. Une allocation vient compenser cette période d’attente jusqu’à l’âge légal de départ. Pour y accéder, il ne suffit pas de le vouloir : plusieurs critères sont à remplir.
Voici les conditions les plus fréquemment demandées pour bénéficier de la préretraite :
- Atteindre un âge minimum fixé par l’entreprise ou la branche professionnelle, généralement situé autour de 55 ans.
- Justifier d’une durée d’assurance suffisante, c’est-à-dire avoir accumulé un nombre de trimestres de Sécurité sociale suffisant.
- Se retrouver dans une situation de rupture du contrat de travail.
Dans les faits, la préretraite s’adresse surtout aux seniors confrontés à des plans de départs collectifs ou à des restructurations. Les entreprises y voient une solution pour réorganiser les équipes sans brutalité, tandis que les salariés bénéficient d’une période de transition plus sereine, loin de la précipitation des dernières semaines en poste.
Les différents types de préretraite
Préretraite pour pénibilité
La préretraite pour pénibilité cible les personnes ayant exercé des métiers compliqués, physiquement ou psychologiquement. Elle permet de quitter la vie active plus tôt, en tenant compte de l’usure liée au travail. Parmi les critères, une incapacité physique d’au moins 10 % est souvent exigée, ainsi qu’une carrière suffisamment longue. Les salariés en situation de handicap ou exposés à des substances dangereuses sont aussi concernés par cette mesure.
Préretraite pour amiante
Ce dispositif s’adresse à ceux qui ont travaillé au contact de l’amiante. Il faut, pour y prétendre, avoir exercé dans des entreprises recensées par arrêté ministériel, le secteur de la construction navale ou du flocage, par exemple. Les salariés souffrant de maladies reconnues comme liées à l’amiante peuvent également bénéficier de cette préretraite spécifique.
Préretraite d’entreprise
La préretraite d’entreprise est mise en place dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Elle s’adresse principalement à des salariés de moins de 65 ans, possédant une certaine ancienneté et qui ne peuvent pas, ou ne souhaitent pas, être reclassés ailleurs. Pour les employeurs, cela offre une alternative aux licenciements économiques, souvent lourds à gérer sur le plan social et humain.
Les avantages de la préretraite
La préretraite présente de nombreux atouts, que ce soit pour les salariés ou pour les entreprises. Quitter son poste avant l’âge légal n’a rien d’anodin, mais le dispositif offre une sécurité financière et un accompagnement. De façon concrète, les salariés peuvent bénéficier :
- D’une meilleure qualité de vie : Prendre du temps pour soi, pour sa famille ou pour des projets personnels. Loin du rythme soutenu, le quotidien change de visage.
- D’une sécurité financière : L’allocation perçue durant la préretraite permet de maintenir un niveau de vie satisfaisant, sans rupture brutale de revenus.
- D’un accès privilégié à certains dispositifs : Les travailleurs ayant connu des conditions difficiles, qu’il s’agisse de pénibilité ou d’exposition à des risques, bénéficient d’une reconnaissance spécifique.
Côté employeurs, la préretraite constitue un levier de gestion des ressources humaines. Elle permet de réorganiser les équipes sans drame ni recours massif aux licenciements. Les entreprises peuvent ainsi anticiper les départs, organiser la transmission des compétences et préparer sereinement la relève.
Un autre aspect mérite d’être souligné : la préretraite contribue à fluidifier le marché du travail. En libérant des postes occupés par des salariés en fin de carrière, elle ouvre la porte à de nouveaux recrutements, souvent de jeunes actifs, et participe ainsi à la dynamique de l’emploi.
Les conditions pour bénéficier de la préretraite
L’accès à la préretraite dépend de plusieurs critères, qui varient selon le dispositif concerné. Trois grandes catégories existent : la préretraite pour pénibilité, la préretraite pour amiante et la préretraite d’entreprise.
Préretraite pour pénibilité
Destinée aux travailleurs ayant connu des conditions éprouvantes ou vivant avec un handicap, cette préretraite impose les critères suivants :
- Une incapacité physique de 10 % ou plus.
- L’exposition à des conditions de travail exigeantes, sources de fatigue ou de risques particuliers.
Préretraite pour amiante
Ce dispositif est réservé aux salariés exposés à l’amiante ou souffrant d’une maladie reconnue comme liée à cette exposition. Pour en bénéficier, il faut répondre à ces critères :
- Avoir travaillé dans une entreprise fabricante de matériaux contenant de l’amiante.
- Avoir exercé dans des secteurs comme la construction, la réparation navale ou le calorifugeage.
Préretraite d’entreprise
Ce type de préretraite s’adresse aux salariés de moins de 65 ans, comptant au moins une année d’ancienneté et ayant cotisé plus de dix ans à la Sécurité sociale. Autre point à vérifier : ne pas être en situation de reclassement ou d’inaptitude au travail.
Dans le cadre de ces différents dispositifs, la rupture du contrat de travail intervient souvent lors d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Ce mécanisme permet une gestion adaptée des effectifs, tout en respectant les droits et la situation des salariés concernés.
La préretraite, c’est la promesse d’un passage moins heurté vers la vie post-professionnelle. Entre équilibre retrouvé, perspectives nouvelles et transition plus humaine, elle continue de séduire ceux qui souhaitent écrire la suite de leur histoire sans attendre le dernier jour du calendrier officiel.


