8 434,31 euros bruts par mois : c’est la frontière que la loi trace pour les indemnités cumulées d’un élu local en 2026. Ni plus, ni moins, que l’on soit maire, conseiller régional ou président d’une intercommunalité. Ce plafond ne tremble pas, quelle que soit la combinaison de mandats. Le montant effectivement touché dépend, lui, d’un jeu de paramètres : la taille de la commune, le nombre de fonctions exercées, les responsabilités assumées. À cela s’ajoutent l’impôt sur le revenu, allégé d’un abattement spécifique, et, parfois, quelques indemnités complémentaires, à condition de respecter à la lettre la limite légale.
Ce que perçoit réellement un maire en 2026 : montants, plafonds et règles de cumul des indemnités
En 2026, le cumul des mandats locaux s’accompagne d’une arithmétique stricte. Le plafond mensuel reste calé à 8 434,31 euros bruts, toutes fonctions locales confondues : maire, président d’intercommunalité, conseiller régional ou départemental. Impossible d’empiler les indemnités au-delà.
Le niveau de rémunération varie fortement selon la population de la commune. Un maire de village (moins de 500 habitants) peut compter sur près de 1 800 euros bruts chaque mois. Dans une ville de 100 000 habitants, l’indemnité grimpe à 5 600 euros bruts environ. Paris, Lyon et Marseille jouent dans une autre cour, avec des montants plus élevés pour leurs maires, reflet de missions élargies et d’un poids politique singulier. Les indemnités évoluent régulièrement, alignées sur l’indice terminal de la fonction publique, ce qui permet d’amortir en partie l’effet de l’inflation.
Pour mieux comprendre les différents éléments de la rémunération municipale, voici ce à quoi un maire peut prétendre :
- Les indemnités sont calculées en pourcentage de l’indice terminal de la fonction publique
- L’enveloppe globale est répartie entre le maire, les adjoints et les membres du conseil municipal
- Le cumul avec d’autres fonctions reste possible, sous réserve de ne jamais franchir le plafond national
Ajouter un mandat, c’est donc augmenter son indemnité, jusqu’à la limite autorisée. Vice-présidence d’une intercommunalité, siège dans un conseil départemental ou régional : ces postes bonifient le total perçu, mais sans jamais permettre de dépasser la barre fixée par la loi. Certaines responsabilités spécifiques (délégations, commissions) ouvrent droit à des compléments, toujours plafonnés. L’ensemble du revenu est déclaré, fiscalisé, avec maintien des abattements spécifiques en 2026.
Imposition des indemnités d’élu local : comment sont-elles taxées et quelles conséquences pour le revenu global ?
Le régime fiscal n’accorde pas de privilège particulier au maire ou à l’élu local. Toutes les indemnités issues d’un mandat doivent être déclarées comme traitements et salaires. Un abattement s’applique : 1 507 euros par an pour un mandat unique, 2 349 euros pour ceux qui cumulent. Ce coup de pouce vise à compenser les contraintes de la vie publique locale, sans offrir un avantage disproportionné.
Les cotisations sociales s’ajoutent à l’équation. Contribution sociale généralisée, CRDS, retraite complémentaire IRCANTEC : le prélèvement dépend du montant touché chaque mois. Dès que l’indemnité dépasse 1 719 euros bruts, l’affiliation à l’assurance vieillesse devient obligatoire. En-dessous, elle reste optionnelle. À côté de cela, certains remboursements, déplacements, garde d’enfants, aides pour les élus en situation de handicap, échappent à l’imposition, à condition de pouvoir en justifier l’utilisation.
Les règles fiscales françaises pour les indemnités d’élus n’ont pas connu de bouleversement majeur, malgré des propositions débattues à l’Assemblée et au Sénat, comme la loi Gatel. Cumuler plusieurs indemnités peut porter le revenu brut d’un maire à un niveau comparable à celui d’un haut fonctionnaire, avant impôt. Mais le passage par la case impôts et charges sociales rogne nettement la somme réellement perçue. Rappel : chaque euro issu d’un mandat doit figurer sur la déclaration de revenus. Transparence et rigueur restent la règle, jusque dans la complexité du millefeuille local.
À la fin, le compte est précis, la ligne à ne pas franchir nette. Reste la réalité du mandat : un engagement qui se mesure aussi bien au centime qu’au temps donné.


