Comment choisir le type d’ordre le plus adapté ?

Un ordre boursier mal choisi n’est pas une simple erreur anodine : il peut tout changer. Qu’il s’agisse d’un investissement sur plusieurs années ou d’une opération de trading rapide, la sélection du bon type d’ordre façonne directement la suite du parcours. Derrière la simplicité apparente du passage d’un ordre, se cache un vrai levier d’adaptation à sa stratégie et au contexte du marché.

Il existe cinq types d’ordres principaux, chacun conçu pour répondre à une situation bien précise. Certains misent tout sur la rapidité d’exécution, d’autres donnent la priorité au contrôle du prix, et certains permettent même d’anticiper des mouvements brusques ou des retournements inattendus. Pour bien choisir, il faut comprendre ce que chaque ordre permet, et ce qu’il ne permet pas.

Si les subtilités de chaque type d’ordre vous échappent encore, prenez le temps de lire l’article accessible via le bouton ci-dessous. Cette étape est nécessaire pour aborder la suite dans de bonnes conditions !

Découvrez les ordres boursiers
Chaque situation a son ordre boursier

Commande au marché

L’ordre au marché mise tout sur la vitesse. Il permet d’acheter ou vendre instantanément, mais laisse le prix d’exécution hors de contrôle. Sur des titres peu liquides, le décalage entre le prix affiché et le prix réellement exécuté peut être considérable, transformant une opération banale en prise de risque.

Cela dit, dans certains cas, la priorité absolue reste la rapidité. Vendre sans délai pour limiter les pertes ou sortir d’un marché instable : dans ces situations, l’ordre au marché s’impose. Il convient aussi lorsque l’investisseur ne s’attarde pas sur le coût d’acquisition unitaire. Pour ceux qui souhaitent approfondir la notion de PRU, l’article d’Andlil.com reste une référence.

Exemples

ACHAT

Supposons que vous vouliez acquérir 100 actions TOTAL, actuellement à 44 €. Votre stratégie ? Miser sur les dividendes à long terme, sans intention de revendre avant plusieurs années. Le prix d’achat exact importe peu dans votre logique : un ordre au marché suffit, sans même surveiller la cotation, puisque le rendement futur prime.

VENTE

À l’inverse, si la tempête gronde sur le secteur pétrolier, que TOTAL tombe à 36 € et que la chute s’accélère, il peut devenir judicieux de vendre immédiatement. Même avec une perte, mieux vaut sortir vite pour espérer racheter plus bas. Ici, l’ordre au marché prend tout son sens, privilégiant la réactivité à la précision du prix.

La commande à prix limité

Pour la plupart des investisseurs de moyen ou long terme, l’ordre à cours limité reste le choix le plus cohérent. Ici, on fixe une limite : tant que l’action n’atteint pas ce seuil, l’ordre reste en suspens et ne génère aucun frais. Seule la rencontre entre le prix du marché et votre limite déclenche l’achat ou la vente.

Ce type d’ordre permet de maîtriser le prix d’exécution. Le revers : il peut arriver que le titre frôle la limite sans jamais la franchir, puis reparte dans l’autre sens. L’opportunité s’envole, l’ordre n’a pas été exécuté, et il faut revoir sa stratégie. Cette situation trouve une réponse partielle avec l’ordre à seuil de déclenchement, que nous verrons ensuite.

Exemples

ACHAT

Vous souhaitez acheter 100 actions TOTAL, cotées à 44 €. Après analyse, vous estimez qu’à 42,50 €, l’action devient attractive. Vous posez donc un ordre limité à 42,50 €, valable trois jours, par exemple. Tant que le titre reste au-dessus de ce seuil, rien ne se passe, et aucun frais ne sera prélevé.

VENTE

Autre scénario : vous faites du swing trading sur TOTAL et observez une configuration en fourchette. L’action est montée à 50 €, mais à 52,40 €, la plus-value attendue atteint 10 %. Vous placez alors un ordre de vente à cours limité à ce prix, qui ne s’exécutera que si la cotation franchit votre barrière.

L’ordre à seuil de déclenchement

L’ordre à seuil de déclenchement, ou “stop”, s’utilise souvent pour protéger ses positions. En vente, il sert de stop-loss : si le marché bascule soudain, l’ordre se déclenche automatiquement pour limiter les pertes. L’investisseur garde ainsi la main sur ses risques, sans avoir à surveiller en continu.

Côté achat, le seuil d’activation se fixe au-dessus du prix actuel. Cela peut sembler contre-intuitif : pourquoi acheter plus cher que le marché ? En réalité, l’objectif n’est pas toujours d’acheter tout de suite, mais de suivre une action qui chute, puis de déclencher l’achat uniquement si le prix repart à la hausse. L’idée : éviter de “ramasser un couteau qui tombe”, selon l’expression consacrée.

Exemples

ACHAT

Imaginons que TOTAL, suite à une forte baisse, s’échange à 33 €. Vous pensez que la chute peut se prolonger, mais ne souhaitez pas rater le potentiel de rebond. Vous placez alors un ordre stop d’achat à 34,50 €. Il ne s’exécutera que si le titre repart à la hausse, et vous pouvez ajuster ce seuil jour après jour pour optimiser votre point d’entrée.

VENTE

Si vous détenez TOTAL dans une stratégie axée sur les dividendes, le cours à court terme ne vous préoccupe pas. Cependant, pour vous protéger d’une crise soudaine, vous placez un stop loss à 42,50 €. Si les marchés dévissent, la vente s’effectuera automatiquement, vous permettant potentiellement de racheter plus bas et d’améliorer votre PRU. Même si ce ratio n’est pas central dans votre logique, conserver une plus-value latente apporte une certaine sérénité.

L’art de fixer le bon seuil

Comment déterminer la valeur exacte à indiquer dans les champs “limite” ou “seuil” lors du passage d’un ordre ? Trouver le bon niveau de seuil d’achat, par exemple, peut relever du casse-tête pour plusieurs raisons.

Pourquoi le choix du seuil est-il si délicat ?

Quelques règles permettent de cerner le problème :

  • Un seuil trop haut, en cas d’inversion de tendance, risque d’entraîner une exécution à un prix éloigné du point bas. L’opération devient alors moins pertinente.
  • Un seuil trop bas, quasi collé au prix du moment, sera touché au moindre rebond, sans garantie d’atteindre le vrai point bas.

Résultat : difficile de viser juste pour capter le meilleur prix. Se contenter d’une valeur arbitraire, ou d’un simple pourcentage du prix actuel, ne suffit pas. Cette méthode est pourtant fréquemment observée, aussi bien chez les débutants que dans certains grands établissements.

Comment s’en sortir dans cette configuration ?

Pour répondre à cette question qui taraude tous les investisseurs, je travaille sur un outil dédié. L’idée : calculer un seuil optimal, à l’achat comme à la vente, en tenant compte de multiples paramètres. Les détails seront partagés prochainement sur youdecinvest.com.

Un prototype de cet outil s’applique ici à TOTAL, au 25 avril 2020 :

Avec un tel outil, couplé à une documentation claire, il devient possible de choisir ses valeurs de stop avec méthode. L’algorithme intègre l’historique du titre, la volatilité, les points hauts et les creux significatifs. Si vous souhaitez être averti dès sa sortie, l’inscription à la newsletter délivrera l’information en temps réel, sans contrepartie.

Ce texte vous a-t-il aidé ? Si d’autres autour de vous se posent les mêmes questions, partagez-leur le lien : la compréhension des ordres boursiers n’a jamais circulé aussi vite.

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